La vengeance du maillon transport

Les pubs écossais risquent bientôt de manquer de bière. Entendue cet été à la radio, cette information m’a ému à plus d’un titre : en tant qu’inlassable observateur des aléas des supply chains mondiales, certes, mais aussi comme admirateur de l’Écosse, et amateur de boissons désaltérantes faiblement alcoolisées… Pour expliquer les raisons de cette terrible menace, le journaliste évoquait pêle-mêle un problème de pénurie de dioxyde de carbone pour les brasseurs (ils seraient bien les seuls sur cette planète à se plaindre d’un déficit de CO2, non ?), de gros pics de la demande en raison de la réouverture des pubs début août, et surtout à un manque de chauffeurs qualifiés pour transporter et livrer les fûts et les bouteilles, ce qui aurait entraîné dans certains cas jusqu’à 75 % d’annulation de livraisons par les brasseurs. Et de pointer du doigt le Covid et le Brexit d’avoir aggravé cette pénurie de main-d’œuvre, estimée à 100 000 postes non pourvus. Renseignements recoupés dans la presse britannique, il apparaît aussi et surtout que cette crise de la bière est liée à un mouvement de grève de conducteurs du prestataire GXO Logistics Drink, qui pèse pour 40 % dans la livraison du précieux breuvage au Royaume-Uni. En cause, une proposition d’augmentation de salaire jugée dérisoire par rapport à leurs revendications.

Voilà qui rappelle ce qui se passe outre-Rhin, où le syndicat des conducteurs de l’opérateur ferroviaire Deutsche Bahn appelait le 23 août à une nouvelle grève, entraînant la suppression de 75 % des trains longue distance, pour peser sur les négociations salariales en cours. Longtemps déconsidéré, le maillon transport ne fait finalement que se rappeler à notre bon souvenir en ces temps de crise sanitaire et d’augmentation annoncée du coût de la vie liée à l’envolée des cours des matières premières et de l’énergie. N’oublions pas non plus la crise du fret qui agite le transport maritime, avec les prix des conteneurs qui continuent de flamber sur la liaison Asie-Europe. Pour compléter le tableau, il ne manquerait plus qu’entrent dans la danse les acteurs de la livraison e-commerce, que ni les e-commerçants ni les consommateurs n’ont jamais été habitués à payer à leur juste prix…

Il est évident que l’impact économique de la crise sanitaire, actuel et à venir, ne fera que renforcer l’importance des enjeux sociétaux et d’économie solidaire au cœur de la logistique et du transport. Et c’est justement l’approche qu’entend adopter le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques Paris 2024, dont nous avons interviewé la responsable logistique, Véronique Fugier-Garrel. L’ambition est de contribuer à développer l’attractivité de ces métiers avec tout l’écosystème, afin de faire de Paris 2024 un véritable catalyseur d’innovations et de transformations du secteur en France. À quand le maillon transport comme sixième anneau olympique ?

Auteur

  • Jean-Luc Rognon

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