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Complément à la Newsletter du 8 juillet 2016
Jean-Thomas Schmitt,
PDG d’Heppner s’explique sur les événements qui ont marqué 2015
ainsi que sur ses axes stratégiques de développement.
Interview

Supply Chain Magazine : 2015 a été une année de transition, de transmission de témoin sur le plan de la gouvernance chez Heppner puisque vous avez pris en septembre dernier la succession de votre père en tant que PDG. Quel est le bilan de l'activité du groupe en 2015 ?
Jean-Thomas Schmitt : En 2015, nos activités ont globalement progressé. Notre chiffre d'affaires est en croissance de près de 4% à 638 M€, tout comme notre résultat d'exploitation, qui est passé de 5,2 M€ en 2014 à 8,5 M€. Si l'on regarde par métier, notre progression est assez hétérogène. Nos métiers de commission de transport sont très dynamiques : +10% pour le transport international terrestre (200 M€), +6% pour l'affrètement international (118 M€). Nos prestations en overseas progressent également, et la messagerie France a connu elle aussi une croissance de 2 à 3% de son CA, pour partie due à la disparition de MoryGlobal. En revanche, pour la deuxième année consécutive, nos activités logistiques ont subi une baisse de 5% du CA (à 32 M€). Cela s'explique en grande partie par le fait que plusieurs de nos clients, rachetés par des groupes étrangers, ont été amenés à modifier leur schéma logistique et à choisir d'autres prestataires (notamment en Belgique). Il y a eu une succession d'acquisitions : Diverseylever racheté par Sealed Air, le fabricant de gants de protection Comasec racheté par le groupe australien Ansell, notre client Nextira One à Strasbourg repris par Butler Capital Partners, ICI Paints, racheté par AkzoNobel, ou encore la fusion entre Numericable et SFR.

SCM : Est-ce la raison qui a conduit Heppner à ouvrir un PSE fin mars concernant la fermeture de quatre sites logistiques d'ici la fin de l'année ?
Jean-Thomas Schmitt : Cette situation nous a en effet amenés à nous poser des questions stratégiques sur notre activité logistique, sur un marché qui est devenu de plus en plus spécialisé. Historiquement, nous nous sommes surtout lancés dans ce métier pour accompagner nos propres clients du transport. Ce que nous constatons aujourd'hui, c'est que cette activité logistique a entraîné 20 M€ de pertes durant les 5 dernières années, alors qu'elle ne représente que 5% de notre chiffre d'affaires. Pour rester compétitive face aux spécialistes du secteur, elle nécessite l'injection extrêmement forte de capitaux. Or ce n'est pas compatible avec notre stratégie d'investir durablement dans notre cœur d'activité, le transport, que ce soit sur le numérique ou en croissance externe. D'où ce choix radical de rationnaliser, de réorganiser notre division logistique (70.000 m2 fin 2015) en fermant quatre sites en 2016 au travers d'un PSE.

SCM : Quels sont les sites concernés par ce PSE ? Que restera-t-il de la division logistique d'Heppner ?
Jean-Thomas Schmitt : Le Plan de sauvegarde de l'emploi, qui est en attente d'homologation par la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi ) porte sur 125 personnes. Il concerne la fermeture de deux sites à Strasbourg, dont l'un est déjà fermé depuis fin décembre, un à Saint-Ouen l'Aumône (qui a fermé le 1er juillet) et un à Brie-Comte-Robert, pour lequel nous sommes en discussion avec un repreneur. Nous conservons quatre grands sites logistiques à Noisy-le-Sec, à Châtres, à Lille et à Lyon, ainsi que d'autres plus petits à Bordeaux et près de Mulhouse. L'objectif est un retour à l'équilibre en 2018 pour cette activité, qui se poursuivra également au travers des sociétés communes que nous avons avec trois partenaires, Hellmann, Soflog et le prestataire havrais Vatinel.

SCM : Quels sont les axes de développement de vos activités à l'international ?
Jean-Thomas Schmitt : La tendance stratégique de cette année, c'est la confirmation du développement sur les métiers de la commission de transport terrestre international, en sortant éventuellement de nos frontières. Nous avons ouvert début avril une agence à Mannheim, la 7ème du groupe Heppner en Allemagne et nous envisageons d'en créer prochainement une huitième. Nous avons également l'intention de répondre aux attentes de nos clients qui se déplacent de plus en plus vers les ports néerlandais et belges, en leur offrant une solution de transport au départ de ces ports-là. Une étude est en cours de finalisation pour trouver la meilleure localisation. Par ailleurs, nous avons également l'intention de nous installer en Espagne d'ici l'année prochaine. En ce qui concerne l'activité overseas, qui s'adosse au réseau Hellmann Worldwide Logistics, nous avons la volonté de nous implanter dès 2017 dans certains pays d'Afrique sub-saharienne en croissance comme la Côte d'Ivoire et le Cameroun, afin de compléter le réseau de notre partenaire qui n'est pas présent sur place.

SCM : Le groupe s'est lancé dans un chantier de transformation numérique. En quoi cela consiste-t-il ?
Jean-Thomas Schmitt : Le projet a commencé en septembre 2015, en partant du constat qu'il fallait s'adapter aux changements des flux, notamment l'e-commerce (même si le BtoC ne représente aujourd'hui que 4% de nos envois), et répondre aux nouvelles attentes de clients en matière d'agilité, de reverse logistics et de suivi de la livraison en temps réel. En parallèle, nous avons aussi identifié la nécessité de renouveler notre TMS et de mettre en place une plate-forme collaborative « heppnérienne » de mise en relation. Nous avons tout d'abord effectué un travail d'étude pendant trois mois, avec l'aide du cabinet Roland Berger, ce qui nous a permis d'identifier une dizaine de chantiers de transition numérique. L'objectif est de trouver des réponses adaptées à quatre grandes questions :
1. Comment adapter nos produits aux nouveaux flux de transport qui émergent avec les nouvelles habitudes de consommation, notamment dans l'e-commerce BtoB ?
2. Comment contrer l'ubérisation du transport qui menace l'activité d'intermédiation des commissionnaires ?
3. Comment moderniser nos outils informatiques ? et
4. Comment tirer parti du Big Data pour développer un outil de prédictabilité et d'optimisation des performances des plans de transport ?
Nous avons l'intention d'investir 20 M€ durant les cinq prochaine années sur ce programme de la transition digitale, qui sera conduit par Valérie Mazzoni-Colin, notre nouvelle Directrice du digital et du marketing.
Propos recueillis par Jean-Luc Rognon

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