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Digitalisation
SNCF Réseau prépare la « révolution »
Digital Freight Train

Bertrand Minary, Directeur Innovation et Digital chez Fret SNCF, a lâché un mini scoop mercredi après-midi, lors de la table ronde intitulée « Digitalisation : le grand bond en avant », sur la SITL. « Nous sommes sur le point de lancer dans les prochains jours ce qui s'annonce comme une véritable révolution pour le secteur : Digital Freight Train » a-t-il déclaré. De quoi s'agit-il ? De l'utilisation dans l'écosystème ferroviaire (les entreprises ferroviaires, détenteurs de conteneurs, les loueurs de wagons, les chargeurs, les commissionnaires, les terminalistes, etc.) d'une technologie développée à l'origine pour le maritime et permettant de faire de la géolocalisation, du track & trace et du geofencing de wagons connectés. « Avec cet outil ouvert, on sait faire aussi de manière automatique des bulletins decomposition et des opérations de formation des trains » a-t-il ajouté, sans pour autant dévoiler le nom de son partenaire technologique, défini comme « une petite société qui travaille dans le monde maritime». S'agirait-il de Traxens et de sa solution «smart containers » ? Mystère. En tout cas, la solution pourrait intéresser fortement Irène Héric, Responsable achats transport & logistique chez Adisseo (nutrition animale), cliente de l'offre MLMC de Fret SNCF (Multi Lot Multi Client, qui a remplacé le wagon isolé) et qui, plus tôt lors de cette même table ronde, avait demandé instamment à l'opérateur historique de faire un effort sur l'accès à l'information quant à la position des wagons pour pouvoir anticiper les aléas sur son trafic intersites. Le troisième intervenant, Francis Bedel, Responsable Digital à l'UIC (Union Internationale des Chemins de Fer), a pour sa part rappelé que la digitalisation du fret ferroviaire était déjà bien en marche, non seulement au niveau de l'internet des Objets et du Big Data, mais également depuis plusieurs années en ce qui concerne la numérisation des documents transport avec les projets transfrontaliers e-Rail Freight (dématérialisation des lettres de voiture). JLR
Photo 1: Bertrand Minary, Directeur Innovation
et Digital chez Fret SNCF

Photo 2: Irène Heric, Responsable achats transport
& logistique chez Adisse
o
Photo 3: Francis Bedel, Responsable Digital
à l'UIC ©J.L. Rognon


SNCF Réseau
prépare la
« révolution »
Digital Freight
Train


Près de la moitié
des chargeurs
ont un projet
digital pour les
transports


Maritime :
du booking
à la 3D


La lettre
de voiture
électronique
testée
dès la semaine
prochaine


Ce que
les chargeurs
pensent du fret
ferroviaire


Mais aussi…
Deux nouveaux
directeurs à
la transformation
digitale
de la SNCF
 
 
 


Digitalisation (suite)
Près de la moitié des chargeurs ont
un projet pour les transports

47% des chargeurs ont un projet de digitalisation transport selon une étude du cabinet de conseil bp2r et de l'AUTF auprès de 137 chargeurs membres de l'Association des Utilisateurs de Transport de Fret. 91% du panel estime que la digitalisation du transport est un vecteur d'amélioration du taux de service. 54% utilisent un système de gestion du transport (87% parmi celles ayant un budget transport dépassant 100 ME). C'est un module d'ERP qui est le plus utilisé pour gérer le transport, devant Excel (53%) et le WMS (44%). Seuls 13% utilisent une plate-forme collaborative transport, 15% une station chargeur pour gérer leurs expéditions. Les freins à la mise en place d'un TMS sont le coût, la difficulté de mise en place et le manque d'information. Pierre Fouère, Responsable ventes Supply Chain d'Oracle, lors de la conférence de présentation de l'étude remarque que « le secteur le plus avancé est la chimie, la distribution est bien équipée, tandis que l'agro-industrie rattrape son retard ». Jérôme Bour, Pdg de l'éditeur spécialisé DDS Logistics, analyse l'étude : «il faut envisager un TMS à partir d'un budget annuel transport de 3 à 5 M€. L'étude dénote une méconnaissance du ROI du TMS» Lucien Besse, Cofondateur de la plate-forme Shippeo, ajoute : « Avec « l'effet Amazon », les chargeurs veulent améliorer leur niveau de service, notamment autour de la prestation transport. C'est ce qui conduit les projets de digitalisation actuels, plus que la maîtrise des coûts de transport ». Yvan Keller, Directeur du pôle solutions de bp2r, recommande aux chargeurs, en amont du projet, de «voir de quoi vos clients ont besoin comme information, d'interroger vos transporteurs pour voir s'ils vont suivre. Ensuite, ce type d'outils vous permettra de piloter votre budget transport, de mesurer la performance et de partager l'information». CC
 
   
 


21%.

C'est la proportion
d'utilisateurs
du fret affichant
des perspectives
d'augmentation
de leurs flux
ferroviaires
d'ici 2 à 3 ans
(contre 41%
en 2016).
Source :
Baromètre
Eurogroup
Consulting.

Digitalisation (suite)
Du booking à la 3D

Sur le front digital, le maritime n'est pas en reste. Loin de là. Pour Jean-François Tallec, Conseiller institutionnel pour la politique maritime de CMA CGM, la numérisation de ses services, notamment à travers la plate-forme digitale commune avec le chinois Alibaba pour la réservation de conteneurs (NLF n° 63) ainsi que les contacts avec une start-up innovante pour une plate-forme de suivi des conteneurs reefer et de leur température représentent des services nouveaux proposés aux clients. La même optique de service et d'atout concurrentiel anime le Port de Nantes Saint Nazaire qui a mis en place son système Easygate sur le Terminal Grand Ouest de Montoir (NLF n°61). Une démarche intéressante et qui fait des émules à l'étranger mais qui est née de l'observation des dysfonctionnements rencontrés in situ. C'est Benoît Klein, directeur du TGO et issu du transport routier de conteneurs, qui a longuement consulté tous les acteurs -transporteurs routiers, chargeurs et transitaires-pour trouver une solution commune. L'idée, une fois de plus, pour fluidifier les flux et l'organisation, a été de partager les informations sur les conteneurs pour limiter l'attente des camions sur le terminal. Résultat : un gain de temps allant jusqu'à 15 minutes sur le terminal. Par ailleurs, le terminal ligérien compte aller plus loin et atteindre la dématérialisation totale des documents pour fin 2017. Enfin, la numérisation peut aussi être utile et ludique à la fois. Dans le cadre de la démarche « smart port/port connecté », Le Havre a développé une interface 3 D à partir de son PCS S-Wing. Depuis un PC et, dès le mois d'avril, via une appli sur smartphones et tablettes, on peut accéder à des informations très diverses concernant l'activité du port. Conçu pour les professionnels et le grand public, S-Wings 3D agrège les données envoyées par des capteurs placées sur les bouées pour renseigner sur la houle, la hauteur de l'eau, la vitesse du vent, mais aussi la position des bateaux dans la zone d'attente. Les données concernant les mouvements de bateaux, la position des portiques, le mouvement des ponts et des écluses sont aussi accessibles. La modélisation 3D, qui sera ultérieurement affinée, permet de réaliser une sorte de visite virtuelle du port et d'y suivre les activités des différents intervenants – y compris pour les acteurs ferroviaires et fluviaux – en temps réel. Le système est amené à s'enrichir avec des applications venant d'autres prestataires, selon le principe de l'Open Data, et pourra aussi s'étoffer avec de la réalité augmentée et virtuelle.
Parmi les déclinaisons professionnelles, on peut imaginer la modélisation des temps d'attente à partir des données du système AP+ ou greffer sur la plate-forme un dispositif semblable à Easygate, note Jérôme Besancenot, chef de service Développement des systèmes d'information du port du Havre. La plate-forme a été développée en partenariat avec une société spécialiste des jeux vidéo et de la 3D. Un peu de fun dans le big data en somme. SLG
 
   
  Benoît Klein, à g., Directeur du TGO et
Jean-Baptiste Gouin
, Directeur des relations clients
du port de Nantes-Saint-Nazaire
 
   
  Jérôme Besancenot, Directeur du service Développement
des systèmes d'information et
Frédéric Gilletta,
Responsable du Pôle informatique, opérationnelle
et communautaire, Port du Havre. ©S.LeGoff
 
 
 
 
  Dématérialisation
La lettre de voiture électronique
testée dès la semaine prochaine

Florence Berthelot, la déléguée générale de la FNTR, a déclaré mardi sur la SITL, lors d'une table ronde consacrée au bilan d'étape de la CMR électronique, que la lettre de voiture nationale serait également testée dans l'Hexagone par certains des adhérents de la fédération de TRM dès la semaine prochaine. L'expérimentation devrait se poursuivre jusqu'en juin, tout comme celle qui est menée depuis le 19 janvier au niveau transfrontalier sur l'e-CMR, entre la France et l'Espagne (NLF n°49). La plate-forme IRU qui a été développée à cette occasion pour créer et gérer l'e-CMR, ainsi que l'application de l'éditeur néerlandais Transfollow qui permet notamment la signature électronique sécurisée à partir de smartphones, seront utilisés pour ce pilote portant sur la dématérialisation de la lettre de voiture nationale. Rappelons que le principe de la lettre de voiture nationale électronique est validé par un protocole additionnel qui date de 2011. Quant au protocole additionnel à la CMR (niveau international) concernant l'e-CMR, il remonte à 2008.
« Ce que prouve cette expérimentation, c'est que le transport routier de marchandises, malgré une image un peu dégradée, est un secteur en constante innovation, qui ne transporte pas que des marchandises, mais aussi de plus en plus de data »
a insisté Florence Berthelot. « Il est vrai qu'à l'ère du numérique, il peut sembler étonnant que les documents circulent encore à 80 km/h ! » a fait par ailleurs remarquer Thierry Grumiaux, le Délégué Commission de transport, international et douane à la FNTR. JLR
Photo : Florence Berthelot, la Déléguée générale
de la FNTR

 
 


« La course
au gigantisme
ralentit mais
il y a encore
des gros
bateaux et
il faut pouvoir
les accueillir »,


Hervé Martel,
Président
du Port du Havre,
hier à la SITL

Etude
Ce que les chargeurs pensent
du fret ferroviaire

Les utilisateurs du fret ferroviaire en France auraient-ils cédé au pessimisme ? C'est la question que l'on peut se poser à la lecture du dernier baromètre de perception des chargeurs sur le transport ferroviaire, réalisé par Eurogroup Consulting et présenté chaque année depuis 4 ans sur la SITL. En 2017, ils sont seulement 21% à afficher des perspectives d'augmentation de leurs flux ferroviaires d'ici 2 à 3 ans, contre 41% en 2016. Le panel est constitué à 70% de chargeurs industriels, à 24% de commissionnaires de transport et à 6% de distributeurs. 85% ont leur activité principale en France, et 44% réalisent un CA supérieur à 10 Mds€. Autre statistique marquante, alors qu'ils n'étaient « que » 75% à déclarer en 2016 utiliser aussi le transport routier pour l'acheminement de leurs marchandises, ils sont désormais 85%. Le transport routier, soit dit en passant, recueille un écrasant 100% d'avis favorables en termes de satisfaction, contre 36% pour le ferroviaire, même si plus de 24% jugent que la qualité de service s'est améliorée d'une année sur l'autre. A noter que les utilisateurs du short-sea, du fluvial et du transport combiné rail route ont des niveaux de satisfaction au-dessus de 60%. Les opérateurs ferroviaires savent ce qui leur reste à faire : 93% des chargeurs se disent prêts à transporter davantage de marchandises par le fer… si (et seulement si) les critères suivants s'améliorent : coût, respect des délais, qualité du suivi, souplesse et flexibilité. JLR
Photo  ©Transports Lahaye
 
   
 
M A I S  A U S S I . . .  
Nominations
Deux nouveaux directeurs à la transformation
digitale de la SNCF

Deux nouvelles nominations accompagnent le processus de digitalisation de la SNCF (voir article ci-dessus). Le Département Digital et Systèmes d'Information du groupe SNCF se renforce, avec l'arrivée David Leborgne, 43 ans, nommé Directeur Digital, et d'Henri Pidault, 54 ans, Directeur de la Performance Numérique. Le premier aura en charge la démarche d'innovation digitale permanente du groupe, l'animation de son écosystème digital et de la valorisation du capital de données SNCF. Diplômé de l'ESTC, David Leborgne a participé à l'innovation digitale chez Genesys, Cisco et Google. Henri Pidault, ancien de l'ENS, était précédemment CTO au sein de Deloitte Digital après avoir travaillé sur les systèmes d'information et transformation chez Atos et Kyriba. Il aura pour responsabilité première l'industrialisation de la transformation digitale et l'évolution des processus-clés pour le développement de la performance digitale de SNCF. Ils reporteront tous deux à Benoît Tiers, Directeur Général Digital et Systèmes d'Information du groupe. NB
Photos de gauche à droite : David Leborgne et Henri Pidault
 
 

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N°85
17 mars 2017
MARS
SIFER
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de l'Industrie
Ferroviaire

Du mardi 21 au
jeudi 23

Grand-palais,
Lille


AVRIL

Salon EVER
MONACO 2017

Du mardi 11
au jeudi 13

Exposition
et conférences
Internationales
sur les énergies
renouvelables
et les véhicules
écologiques
Grimaldi Forum,
Monaco